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Une villa les pieds dans l'eau à Koh Samui, piscine à débordement face au coucher de soleil, et promesse de rentabilité locative à deux chiffres. Le rêve tropical de tout investisseur immobilier. Jusqu'au jour où les autorités thaïlandaises débarquent, scellent la propriété et ordonnent sa démolition. Ce scénario, loin d'être une fiction, s'est multiplié en 2024 sur les îles du golfe de Thaïlande.
Plusieurs dizaines de villas de luxe, vendues clés en main à des étrangers, se sont révélées construites en violation totale des réglementations locales. Résultat : expulsions, démolitions, et pertes financières massives pour des investisseurs qui croyaient avoir sécurisé leur placement.
En 2024, les autorités thaïlandaises ont durci leur application du Building Control Act, la loi qui encadre toutes les constructions sur le territoire. Cette offensive vise particulièrement les îles touristiques comme Koh Samui, Koh Phangan et Phuket, où la spéculation immobilière a explosé ces dernières années.
Le problème ? De nombreux promoteurs ont contourné les règles d'urbanisme pour maximiser leurs profits. Constructions sur des terrains en pente interdits, dépassements de superficie autorisée, absence totale de permis de construire : les infractions sont multiples et graves.
Un cas emblématique illustre l'ampleur du phénomène. Un ressortissant luxembourgeois, locataire d'une villa de prestige à Lamai louée 7 000 euros par mois, s'est vu signifier une expulsion immédiate. Les inspecteurs avaient découvert que la propriété était illégalement bâtie sur un terrain à forte déclivité, en violation directe des lois environnementales et des normes de construction. Le propriétaire, un investisseur étranger, fait désormais face à une ordonnance de démolition et à la perte totale de son capital investi.
La Thaïlande impose des restrictions strictes sur la propriété foncière étrangère. Un non-Thaïlandais ne peut pas directement acheter de terrain. Les investisseurs passent donc par des montages juridiques complexes : sociétés locales avec prête-noms, baux emphytéotiques de 30 ans renouvelables, ou structures d'entreprise où la majorité du capital doit rester thaïlandaise.
Ces arrangements, parfaitement légaux lorsqu'ils sont correctement structurés, deviennent des bombes à retardement lorsqu'ils dissimulent des constructions non conformes. Certains promoteurs peu scrupuleux profitent de la méconnaissance des investisseurs étrangers pour vendre des biens dont ils savent pertinemment qu'ils ne respectent pas la réglementation.
Les points de contrôle négligés sont systématiquement les mêmes : absence de permis de construire valide, non-respect des zones protégées (forêts, littoraux, zones agricoles), dépassement des coefficients d'occupation des sols, et violation des normes environnementales sur la gestion des eaux usées.

Face à ces risques, la due diligence devient votre meilleure protection. Avant tout engagement financier, plusieurs vérifications s'imposent.
Exigez systématiquement la présentation du Chanote (titre de propriété complet) et assurez-vous qu'il correspond bien au terrain concerné. Vérifiez l'existence et la validité du permis de construire auprès de l'administration locale. Contrôlez que la superficie construite respecte les limites autorisées par le zonage.
Faites appel à un avocat thaïlandais spécialisé en droit immobilier, indépendant du promoteur. Mandatez un géomètre pour vérifier les limites exactes de la propriété. Consultez un architecte local pour confirmer la conformité de la construction aux normes en vigueur.
Renseignez-vous sur le statut de la zone : certaines régions côtières sont classées comme zones forestières protégées où toute construction est théoriquement interdite, même si des bâtiments y existent déjà. Vérifiez si des procédures judiciaires sont en cours concernant le terrain ou les propriétés environnantes.
Les îles comme Koh Samui connaissent régulièrement des vagues de régularisation. Un bien non conforme peut subsister pendant des années avant de faire l'objet d'une action administrative brutale.
Si la Thaïlande attire par sa fiscalité clémente et son marché locatif dynamique, d'autres destinations de la région offrent des cadres juridiques plus protecteurs pour les investisseurs étrangers.
Le Vietnam autorise depuis 2015 les étrangers à détenir directement des biens immobiliers, avec certaines limitations de durée mais dans un cadre légal clairement défini. Les Philippines permettent aux étrangers de posséder des condominiums en pleine propriété, à condition que les unités étrangères ne dépassent pas 40 % du projet. La Malaisie propose son programme MM2H qui facilite l'acquisition immobilière pour les résidents de longue durée.
Ces pays ont développé des infrastructures juridiques spécifiquement conçues pour attirer l'investissement immobilier international, avec des garanties institutionnelles plus solides que les montages de contournement pratiqués en Thaïlande.
Si vous êtes déjà propriétaire en Thaïlande et que vous suspectez une non-conformité, l'anticipation reste votre meilleure stratégie.
Faites immédiatement auditer votre bien par un cabinet juridique spécialisé. Identifiez précisément les infractions potentielles. Selon leur nature, une régularisation peut parfois être négociée avec les autorités locales, moyennant des amendes et des travaux de mise en conformité.
Dans certains cas, la meilleure option reste la revente rapide avant qu'une procédure administrative ne soit engagée. Le marché thaïlandais reste liquide pour les biens conformes et bien situés. En revanche, une fois qu'une ordonnance de démolition est prononcée, la valeur du bien s'effondre à zéro.
Ces déboires thaïlandais rappellent un principe fondamental de l'investissement patrimonial international : ne jamais concentrer son capital dans un seul pays, surtout lorsque le cadre juridique présente des zones grises.
L'investissement immobilier en Thaïlande demeure attractif pour qui sait naviguer dans ses complexités juridiques. Mais les événements récents de Koh Samui démontrent qu'un prix attractif et une vue paradisiaque ne suffisent jamais à garantir la sécurité d'un placement. La diligence juridique approfondie n'est pas une option : elle constitue le minimum vital pour protéger votre capital.
Notre équipe accompagne les investisseurs dans l'analyse préalable de projets immobiliers en Asie du Sud-Est, avec une expertise particulière sur les marchés thaïlandais, vietnamien et philippin. Contactez-nous pour une étude personnalisée de votre projet d'investissement international.